À propos du syndrome de Williams et Beuren

Grandir à son rythme et apprendre autrement

Julie est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants. Je commençais tout juste à travailler quand elle est née. J’ai reçu au cours de ma formation d’enseignante, un apprentissage sur différentes méthodes actives et plus particulièrement celle du médecin pédagogue du début du XXème siècle, Maria Montessori. Cette méthode est conçue au départ pour les enfants handicapés.

Maria Montessori disait cela :

« L’intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie. L’intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs ».  

 

Cette méthode, basée sur un travail personnalisé donc individualisé, permet à l’enfant d’apprendre à faire seul, à son rythme, de façon concrète grâce à la manipulation d’un matériel pédagogique scientifiquement conçu et très attrayant. Cette perspective l’aide à prendre des décisions. Quand on donne un travail à faire à un enfant pour lequel il se sent utile, il le fait alors avec plaisir et se sent valorisé. D’où l’intérêt de lui donner des responsabilités ; il est très fier de cela. J’ai utilisé cette formidable méthode d’apprentissage tout au long de mes années scolaires avec de nombreux élèves dont les progrès ont été vraiment fulgurants. L’objectif premier étant que l’enfant ait envie de venir à l’école.

C’est la même chose à la maison! L’environnement proche de chaque enfant stimule son développement intellectuel et émotionnel. Je vous conseille donc, bien sûr, de l’appliquer dans le quotidien pour TOUT! Etre responsable rend autonome

 

Aujourd’hui, en France, trop peu d’écoles pratiquent la méthode Montessori. Heureusement, depuis deux ans déjà, nous voyons « fleurir » une partie de ce matériel Montessori dans de nombreux  magasins. C’est une vraie mine d’or pour vous et votre enfant.  Les coffrets des chiffres et des lettres rugueuses puis la mallette des lettres mobiles vont lui permettre d’accéder de manière concrète et ludique à la lecture et à l’écriture.

« Les êtres sont comme des fleurs. Chacun a sa beauté propre, chacun s’ouvre et s’épanouit à sa manière et à son rythme. »

Il faut croire en votre enfant, quel qu’il soit!

« L’enfant n’est pas un vase qu’on remplit, c’est un feu qu’on allume ! »

 

Dès l’âge de 3 ans, chaque jour, j’ai aidé Julie à apprendre à faire toutes les petites choses qu’un enfant, entre un et six ans, puis au-delà,  arrive à effectuer naturellement, comme ramasser un jouet, enfiler une culotte, des chaussettes, un tee-shirt, mettre un bonnet, un bouton, des chaussures et des lacets. Se savonner, ranger sa chambre, tenir un livre puis le ranger droit sur l’étagère. Tout cela prend du temps mais en expliquant à l’enfant avec patience, en lui montrant d’abord et en le laissant faire ensuite, son visage sera rayonnant de bonheur. Laisser l’enfant être acteur est le secret de sa réussite ! Toutes ces choses à « apprendre à faire » naturellement pour la plupart, prennent des jours, des semaines, des mois, des années de patience et de persévérance. Mais quelle récompense quand il y parvient!

 

En ce qui concerne l’apprentissage de l’écriture, il va essayer de tenir un crayon correctement, de tracer des traits, des ronds, des vagues. Puis vient le moment des lettres, en pâte à modeler au départ, en peinture et ensuite en les écrivant. L’enfant écrit les lettres en grand format au début puis en les rétrécissant petit à petit. Cet apprentissage est long mais il est possible, même pour ceux qui sont porteurs du syndrome de Williams.

Faire grandir la confiance, c’est donner des ailes à chacun. Le savoir ne se transmet pas, il se construit. L’autonomie est le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à son enfant!

 

MARION VENGEON

10 novembre 2015